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D'interdisciplinaire à international, le OFFTA explose!

« C'est le coup d'envoi! » lance Jasmine Catudal d'un air défiant, pour désigner la belle soirée d'ouverture du OFFTA qui attend les montréalais ce vendredi 27 mai. Celle qui cumule les chapeaux de directrice générale et artistique du plus hybride des festivals de Montréal a le sourire collé aux lèvres. Mais pourquoi donc? Qui a t-il de si explosif dans cette 5ème édition du Festival d'arts vivants? Entrevue avec une femme déterminée appuyée par une équipe du tonerre.

FD : Le OFFTA, petit frère du Festival Transamériques (FTA) se tiendra cette année du 27 mai au 4 juin. En quoi se démarque t-il de l'édition-phare de l'année dernière?

Jasmine C : D'abord, il y a beaucoup moins de spectacles. On réduit de moitié le nombre dans le but avoué de reserrer le tout. Cela devrait se traduire par une meilleure effervescence. Les salles se rempliront plus vite. Ce n'est donc pas par nécessité, mais par souci de faire le pari d'une programmation plus ciblée. Cela est d'autant plus drôle que le FTA, lui, augmente massivement le nombre de spectacles.

Cette année, on a pas cherché de thématique. Elle s'est en quelque sorte imposée : l'identité. Plusieurs artistes du OFFTA, comme vous avez pu le voir lors du dévoilement de notre programmation sous un soleil radieux dans le Parc Lafontaine, questionnent leur identité, mais aussi l'identité nationale ou culturelle. 2Fik, notre porte-parole, offrira par exemple une performance avec installation vidéo ayant pour sujet la génétique sémite, soulevant les traits communs Juifs et Arabes. Le collectif de danse The Choreographers revisitera la soi-disante identité canadienne avec Oh! Canada.

Dans la continuité de l'an passé toutefois, il y a la notion de prise de risques. Notre festival de danse, de théâtre et de performance fait place aux jeunes diplômés des écoles d’art vivant. Des finissants de l'Université Concordia, de l'UQÀM et du Collège Lionel-Groulx viendront d'ailleurs démarrer l'édition 2011 à grands coups de chorégraphies, plus décapantes les unes que les autres. (La Elástica, 21h)

FD : Oui mais revenons au FTA. N'est-ce pas difficile de vivre dans l'ombre de ce grand festival?

Jasmine C : C'est effectivement particulier d'opérer dans l'ombre du FTA. Mais pour nous, l'ombre, ça signifie qu'on arrive à surprendre. C'est notre rôle de faire émerger des artistes en arts vivants. On voit déjà après 5 ans d'existence qu'on a un effet clair sur le FTA. La programmation du FTA était plus petite auparavant, ponctuée de spectacles à grand déploiement. Or cette année, le grand frère s'inspire du petit en se rajeunissant. HIT AND FALL de Caroline Laurin-Beaucage passe du OFFTA au FTA. Même chose pour Frédérick Gravel qui apres avoir présenté son Gravel Works en grande première au OFF, l’a ensuite présenté au FTA. Il présente maintenant 'Ainsi Parlait' au OFFTA cette année.

Les deux festivals vivent en parallèle mais plusieurs artistes jouent déjà sur les deux tableaux. Le OFFTA ne se voit donc pas en opposition ou en compétition avec le FTA. Nous sommes au contraire très contents de jouer le rôle de défricheurs. Ce qui compte, c'est d'offrir une programmation de haut niveau, toujours originale et qui propulse les artistes.

La plus grande différence entre OFFTA et FTA est que le OFF est conçu par des gens de la nouvelle génération. Le FTA a 30 ans. C'est super, sauf que là, éventuellement, c'est à une nouvelle génération de prendre la place. On ne nait pas directeur artistique, on le devient en travaillant, en faisant des bons coups et erreurs. Notre génération doit s'approprier les espaces, créer du neuf, désobéïr, et revendiquer sa place.

En clair, le OFFTA n'a pas les mêmes préoccupations. Le volet multidisciplinaire est souvent présenté en parallèle dans les grands festivals internationaux. Nous, on a envie de les présenter de manière inclusive. On brise les barrières. On fait des programmes doubles, des 'mixoff' et nos spectacles sont plus souvent qu'autrement interdisciplinaires. Voilà justement la différence entre l'inter- et le multi-disciplinaire. Les repères sont faits pour être bousculés et d'ailleurs, les repères séparant danse et théâtre n'existaient pas anciennement. On se fout des catégories.

FD : Le OFFTA est de plus en plus connu à Montréal. Mais comment vous y prenez-vous pour faire rayonner le OFF au-dela du Pont Jacques-Cartier?

Jasmine C : De deux façons. On fait venir pour la première fois des diffuseurs étrangers et on mise sur une exploration des arts vivants sur le Web.

Vous savez, le mandat premier du FTA est de faire venir des artistes d'ailleurs ici à Montréal. Nous, on veut surtout les faire sortir d'ici. Il y a d'ailleurs plusieurs festivals comme le nôtre en Europe, ce qui n'est pas le cas en Amérique du Nord. Nous invitons du coup les directrices de festival Mara Vujić de Ljubljana (Slovénie), Kathrin Tiedemann de Düsseldorf (Allemagne) et la dramaturge et programmatrice Silke Bake de Berlin. C'est sans obligation, mais j'espère évidemment qu'elles inviteront l'un de nos spectacles à se produire en Europe. Alternativement, les résidences à l'étranger sont un autre beau tremplin pour nos artistes.

FD : Vous parliez d'utiliser le Web. Comment jumeler Internet et arts vivants?

Jasmine C : En réalité, on n'essaie pas tellement de jumeler. On a plutôt envie de questionner les réseaux sociaux. Ils sont là pour le réseautage, comme outils sociaux. Les gens se rencontrent par leur truchement. Peut-on amener l'art sur ce réseau? Est-ce possible de réfléchir avec l'art dans ce réseau?

Jacob Wrene à Montréal et Lene Berg en Norvège ont eu l'idée d'utiliser le concept de Big Brother. Ils ont beaucoup lu, recherché et travaillé sur ce concept provenant de l'auteur George Orwell. Ils se sont intéressés à sa vie, son oeuvre. À chaque jour durant le OFFTA, ils proposeront un nouveau volet à leur mixoff 2.0. C'est une oeuvre évolutive qui se déploie sur le réseau Facebook. Personne ne sait comment l'oeuvre va vivre, comment Facebook va réagir à ça.

Pour nous, l'art est vivant pendant que cet art se passe. Mais l'art vivant, il est vrai, se passe surtout en présence d’humains. Être chez soi devant Facebook pour voir et co-créer de l'art, ça peut être plutôt limité. Mais les réseaux sociaux sont si omniprésents qu'on se devait d'aller voir comment l'humain réagit. Comment la nouvelle génération se questionne à ce propos. L'Internet change la face du monde, des révolutions emploient la force de ce réseau. À la limite, on pourra toujours condamner, mais il faut d'abord questionner. Le mixoff 2.0 Big Brother where art thou? en est à 450 adeptes sur Facebook. Ça risque d'être passionant.

Tous les détails au sujet du OFFTA : http://offta.com

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